CHATEAUBRIAND
CHATEAUBRIAND !
Un 4 JUILLET mourut celui qui, écrivit Proust, vivait « d’une vie où l’on ne meurt point »…
Les derniers temps, rapporte Hugo, le géant, paralysé, se faisait porter chaque après-midi auprès de Juliette Récamier qui, de ses yeux aveugles, le regardait en souriant.
Le vicomte Francois-René de Chateaubriand, né en 1768, mourut pour l’état civil en 1848, mais…
Mais écoutons Marcel PROUST, qui l’admira, le cita et le pasticha avec respect, réduire sa mort à rien dans un écrit de 1908 (Pléiade Essais, pages 404 à 406) :
« J’aime lire Chateaubriand parce qu’en laissant entendre toutes les deux ou trois pages, comme après un intervalle de silence dans les nuits d’été on entend les deux notes, toujours les mêmes, qui composent le chant de la chouette, ce qui est son cri à lui, aussi monotone, mais aussi inimitable, on sent bien ce que c’est qu’un poète. Il nous dit que rien n’est sur la terre, bientôt il mourra, l’oubli l’emportera. […] Nous sourions, car au moment même où il se dit anéanti il s’évade, il vit d’une vie où l’on ne meurt point. »
Chateaubriand l’immortel.
Illustrations :
• Portrait par Anne-Louis Girodet, vers 1809, musée de Saint-Malo
• Tombeau sur le rocher du Grand Bé à Saint-Malo et avertissement aux passants
Auteur de cette publication : Pierre Odolant (un fou de Chateaubriand)
Tham khảo
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